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Formation 11 octobre 2021

Université école-entreprise, un bel élan à consolider



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Après plusieurs annulations dues à la crise sanitaire, la première université école-entreprise a enfin pu avoir lieu au palais des congrès du Futuroscope jeudi et vendredi derniers. Cet événement national, organisé par le Rectorat de Poitiers au niveau local, a largement mis en valeur les filières de formation et atouts en Nouvelle-Aquitaine. Le débat et les échanges, très enrichissants, en ateliers et au cours des tables rondes ont permis d’amorcer ce sujet où beaucoup reste à faire encore en France pour rapprocher école et entreprises. Mais on part de loin.

Le Ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, à travers les réformes qu’il conduit, est convaincu de la nécessité de ce rapprochement à une époque où les jeunes sont en quête de sens dans leurs projets professionnels et où les entreprises sont en recherche de nouvelles compétences.
Bien qu’il insiste sur une maîtrise nécessaire des savoirs fondamentaux, il ouvre la porte à de nouveaux fonctionnements : "Nous allons mettre en place un guichet unique pour les entreprises dans tous les Rectorats, de façon à faciliter leurs démarches. Le jumelage entre des entreprises et des lycées professionnels sera encouragé, quelque peu inspiré du programme P-Tech. Le mentorat, binôme jeune-adulte ou étudiant confirmé sera également encouragé. Nous devons avoir une nouvelle vision de l’orientation, une approche par compétences, à mettre en place avec les Régions. A ce titre, la documentation ONISEP est actuellement en refonte pour être plus interactive."

Des enseignants motivés et demandeurs de plus d’échanges avec les entreprises

Erwan Guelou, enseignant en chimie au lycée St Jacques de Compostelle à Poitiers, aimerait faire connaître la filière

Enseignant en chimie (Bac pro) au lycée Saint Jacques de Compostelle de Poitiers, Erwan Guelou participait avec quelques jeunes à cette université école-entreprise. "Nous sommes le seul établissement en Poitou-Charentes à proposer en formation initiale le Bac Pro Procédés de la Chimie, de l’Eau et des Papiers Cartons (PCEPC). 16 places sont ouvertes chaque année et nous ne sommes pas toujours complets ! Avec un équipement de pointe (casque de réalité virtuelle), les jeunes gagnent du temps dans leurs apprentissages et mémorisent mieux les procédures. De nombreux débouchés existent dans les entreprises, nous travaillons à nous faire connaître, d’où notre présence aujourd’hui !"

Valérie Guérin et Sandrine Moreau lors de la dernière restitution du dispositif "classe en entreprise" auprès des partenaires

Enseignantes en Histoire-Géographie et Anglais au collège Louis Merle de Secondigny (79), Valérie Guérin et Sandrine Moreau ont mis en place le dispositif "classe en entreprise" dans leur établissement (lire notre article). Elles ont participé aux travaux de cette université école-entreprise et nous livrent leur retour d’expérience :

"Cette 1ère université Ecole-Entreprise , nous l’attendions avec impatience puisque nous croyons fermement à l’intérêt de lier davantage ces 2 "mondes".
Les allocutions, discours des autorités de l’Education Nationale, des représentants du monde économique, des différents partenaires nous ont rassurées dans le sens où nous nous sommes retrouvées dans de nombreux points présentés comme des attendus pour l’avenir, points que nous mettons déjà en œuvre dans notre petit collège rural.
Oui, les enseignants vont visiter des entreprises, échanger avec des entrepreneurs, dès que l’occasion leur en est donnée.
Oui, nous mettons nos élèves au contact du monde économique local en sollicitant des partenaires locaux.
Oui, nous croyons résolument à l’intérêt de favoriser l’accès de nos élèves aux voies professionnelles que ce soit en lycée ou par la voie de l’apprentissage.

Alors cette journée a été pour nous très positive car on s’est dit qu’"on allait dans le bon sens" dans ce qu’on propose au sein du Parcours Avenir dans notre établissement.
Les personnes venues d’autres académies, rencontrées lors d’un atelier, ont été très sensibles à notre présentation du dispositif Classe en Entreprise, le jugeant "innovant", "engagé", "efficace".
Les échanges étaient intéressants par la diversité des participants (un petit regret toutefois : peu d’enseignants semble-t-il étaient présents...).Tout ce que nous avons entendu semble aller dans un sens très positif et constructif : vouloir rapprocher Ecole et Entreprise. Cependant, nous nous interrogeons sur les moyens, matériels, humains, financiers, qui vont être mis en œuvre pour y parvenir.
Nous ne demandons pas mieux que d’emmener nos élèves visiter des entreprises mais il nous faut du temps, libéré sur nos plannings, des financements, car en milieu rural les entreprises ne sont pas à la porte du collège.
Si tout ce qui a été annoncé est tenu, ou que l’on va bien dans ce sens là, alors les relations Ecole Entreprise vont pouvoir s’enrichir et permettre à nos élèves de développer de nombreuses compétences. On y croit !
"

Et les autres pays, comment pratiquent-ils l’ouverture à l’entreprise ?

Parmi les tables-rondes proposées, l’une d’elles mettait l’accent sur les expériences de nos voisins au Portugal, aux Pays-Bas, au Québec et en Allemagne.
Isabel Barrau, qui a conduit sa carrière professionnelle au Portugal dans les domaines de la formation et de l’emploi, a indiqué que dans son pays, à l’issue du diplôme, il est proposé un stage en entreprise de 9 mois. Le diplômé reçoit alors une bourse pendant ce stage dont le financement est assuré à 80% par l’Etat. Une façon de ne pas laisser ces diplômés sans expérience.

En Allemagne, c’est la formation "duale" c’est à dire en alternance qui fait tout le succès du modèle. Elle est obligatoire dans plus de 300 métiers. Frédérik Stiefenhofer est directeur de ProTandem (agence franco-allemande pour les échanges dans l’enseignement et la formation professionnelle). Il a expliqué que dans son pays, ce sont les chambres consulaires qui contrôlent les formations et délivrent les diplômes. Les organisations professionnelles définissent le cadre des formations de façon à "coller" au maximum aux besoins des entreprises.

Virgile Deroche, ingénieur en énergies renouvelables est chargé de recherches au Ciradd. Au Québec, ce sont bien souvent les compétences qui prennent le pas sur le diplôme. Les entreprises sont très souvent associées à la révision des programmes d’enseignement.

Enfin, pour les Pays-Bas, c’est Marjoleine Hennis, conseillère à la représentation permanente du Royaume auprès de l’OCDE, notamment pour l’emploi, qui a apporté son témoignage. "Dans notre pays, les jeunes choisissent dès leurs 12 ans entre le lycée ou un enseignement professionnel, voire pré-professionnel. Tout au long de leur parcours, des passerelles sont possibles entre les différentes voies. L’alternance est privilégiée et les diplômés des filières professionnelles sont très rarement sans emploi."

Cécilia Rochefort

Le Ministre a pu tester sa popularité auprès des jeunes très investis dans l’organisation de ces deux journées (sécurité, accueil, repas...)


  • Mathieu GAGNOT - 100 000 entrepreneurs
    11 octobre, 16:49

    Un évènement très réussi avec de nombreuses académies, associations et filières professionnelles très volontaires pour échanger et se rapprocher. Merci pour votre article !

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