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Formation 13 juin 2018

Ferme marine de Ré : les futurs professionnels à la manœuvre



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Le Lycée maritime de La Rochelle offre un vaste panel de formations initiales ou continues tournées vers les métiers de la mer. Parmi ceux-ci l’aquaculture et les cultures marines occupent une place de choix en appui sur un outil de haute qualité : la ferme d’application du lycée maritime de La Rochelle, située à Ars-en-Ré.

Entre estran et marais, sur plusieurs hectares, s’étendent des bassins et des claires qui abritent huîtres, palourdes, mais aussi poissons (bars, daurades) ou crevettes, le tout à quelques encablures du village fort prisé d’Ars-en-Ré, tout au nord de l’Ile de Ré.
Ces « animaux marins », poissons, coquillages et crustacés reçoivent des soins attentifs, dispensés par de tout jeunes ostréiculteurs, vénériculteurs ou aquaculteurs qui font là, avec beaucoup de sérieux, leurs premières armes.
Alice Phelippot et Evan Houpert élèves de 1ère (Bac pro Cultures Marines) sont ainsi de parfaits guides. Ils fréquentent le site une journée complète tous les 15 jours (1 fois par semaine en seconde) et y pratiquent l’élevage d’alevins (poissons) ou la mise en culture de naissains, le grossissement, le contrôle de l’alimentation, la surveillance des maladies, de l’écosystème…

Ils apprennent également à entretenir les installations : les pompes pour les oxygénateurs et pour la circulation d’eau dans les bassins hors-sol, mais aussi les écluses sur le chenal (point d’accès principal de l’eau de mer) et le nettoyage régulier, chaque année, des claires par assèchement pour éviter l’emprisonnement de gaz qui auraient un effet fatal sur les coquillages et poissons élevés.
Aux questions naïves que l’on se pose devant l’étendue des savoirs nécessaires pour suivre l’élevage de ces organismes marins, ils répondent avec une douce simplicité : pour l’entretien des pompes, ils apprennent la soudure sur PVC, la mécanique, l’électricité…

Pour l’alimentation des poissons, ils passent en salle blanche, après avoir désinfecté leurs bottes et leurs mains et se transforment en laborantins, intervenant dans la culture du plancton, hésitant à peine pour décrire les différences du phyto et du zooplancton…. L’étendue de leurs connaissances et leur facilité à en parler pousse à s’interroger sur leur âge …. Mais oui, ils sont en 1ère !
Car le challenge est qu’à l’issue de leur formation, leur bac en poche, tout juste majeurs, ils soient en capacité d’exploiter une ferme aquacole ou conchylicole.
Ils participent donc directement à la gestion de la ferme ; ils sont présents lors de la réception des alevins ou du naissain achetés à des écloseries, ainsi que pour la vente des jeunes dorades de 150 g à des ostréiculteurs locaux qui vont les remettre en marais… ce sont les lycéens qui « endorment » les dorades à l’aide d’une décoction de clous de girofle qui les anesthésie, leur évitant le stress du déplacement. Les fonds obtenus permettent d’acheter d’autres alevins, pour que chaque classe (de la seconde à la terminale pour les bac pro, mais aussi les années 1 et 2 du CAP Maritime de Conchyliculture) puisse voir les différents stades de croissance et y participer.

Catherine Dreveau, enseignante, cultures marines, LRMA La Rochelle

Bien sûr cet apprentissage est encadré et les enseignantes sont présentes, (Catherine Dreveau Herault et Anne Massieu) mais leur présence est discrète, les lycéens savent ce qu’ils sont à faire et leurs gestes sont précis.
Un conseil de l’enseignante parfois vient corriger une pratique, on devine alors l’œil vigilant, le suivi bienveillant et c’est un court rappel du fait qu’il s’agit bien d’un centre de formation.
Le lieu, entre marais paisibles et ciel immense, à trois pas de l’océan, semble hors du temps. Tout y est serein et surtout les lycéens qui ont étrangement le geste sûr, le sourire discret et un calme qui impressionne, directement lié à l’attention qu’ils accordent aux tâches qu’ils effectuent.
On y vient pour une visite et l’envie vous prend de vous asseoir là, sur les bosses de marais, tout près de ce ciel immense que l’on croirait pouvoir toucher, et continuer à regarder l’harmonieux balais de ces générations qui se croisent et se respectent, d’un métier qui semble un trait d’union entre tous et d’une harmonie qui laisse entendre que ces jeunes lycéens ont bel et bien trouvé un métier qui leur ressemble, fait de création, d’enthousiasme et d’harmonie.

Plus : www.lycee-maritime-larochelle.com



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